Association Les Quinconces - Saint-Brice. Andernos Les Bains, Bassin d'Arcachon











 


Situation géographique

Situation juridique

Un site protégé… en principe

Aperçu historique

Une zone humide

Les réservoirs à poissons

La forêt

La flore

La faune

La chasse aux Quinconces

Les bassins de décantation

Le reboisement de la Pointe des Quinconces

Pour en savoir plus…

Archives…

 

Situation géographique


Le site naturel des Quinconces Saint-Brice est situé sur la côte nord-est du Bassin d’Arcachon ; une rivière, le Cirès (ou la Meule, ou encore la Berle d’Arpech), le traverse jusqu’à la conche de Saint-Brice et constitue la frontière administrative entre les communes d’Arès et Andernos-les-Bains.

Situation juridique - haut de page

Le site naturel des Quinconces Saint-Brice représente une précieuse coupure d'urbanisme qui s'étend sur plus de 140 hectares. Il est la propriété de plusieurs entités :
- la commune d’Andernos (zone côtière entre le port ostréicole et la pointe des Quinconces, lac d’eau douce et anciens réservoirs à poissons, une partie de forêt, dite "forêt du Coulin" = 23 hectares)
- la commune d’Arès (rive droite du Cirès, hameau de Paco)
- le Département de la Gironde (Meule de Haut, parcours sportif d’Arès = 18 hectares, en cours de rétrocession au Conservatoire du littoral)
- le Conservatoire du littoral (Saint-Brice côté Arès et la majeure partie de la forêt côté Andernos = 22 + 75 = 97 hectares)
- la SCI Albiac (étangs et un boisement non constructible côté Arès).

Dans le cadre de la Convention de gestion, signée le 8 septembre 2007 entre le Conservatoire du littoral, le Conseil général et les communes d’Andernos et Arès, la gestion du site est assurée par un comité consultatif qui réunit les instances concernées et les associations agrées – dont la nôtre – et par un comité de pilotage. Les décisions sont mises en œuvre par le Service environnement de la commune d’Andernos avec l’aide d’un garde gestionnaire à plein temps sur le terrain. Sont actuellement exclus du périmètre de cette convention les 23 hectares appartenant à la commune d’Andernos, dont une dizaine sont toujours classés en zone constructible.

L’association pour la sauvegarde du site naturel des Quinconces Saint-Brice réclame le classement définitif de ces 23 hectares en zone naturelle à conserver ainsi que leur intégration dans la convention de gestion.

Un site protégé… en principe - haut de page

La Loi littoral et la Loi sur l’eau s’appliquent à toute la partie côtière du site. La Pointe des Quinconces, les réservoirs à poissons et la Conche de Saint-Brice sont des sites inscrits, qui bénéficient en outre des classements suivants :

- ZNIEFF 1 = zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique ou floristique.
- ZICO = zone importante pour la conservation des oiseaux sauvages.

La SMVM du Bassin d’Arcachon souligne la nécessité d’une protection attentive des Quinconces Saint-Brice. Le bureau d’études Biotope, dont l’analyse porte en théorie sur la seule partie propriété du Conservatoire du littoral, observe qu’il convient de traiter l’ensemble comme un tout cohérent. Chacun s’accorde à reconnaître la richesse environnementale du site naturel des Quinconces Saint-Brice ; et pourtant de nouvelles menaces pèsent régulièrement sur son intégralité.

C’est pourquoi l’association veille et veillera inlassablement à la préservation de l’ensemble.

Aperçu historique - haut de page

Le toponyme « Quinconces » n’apparaît que vers 1930. Aucune mention antérieure sur les cartes ou autres documents. Au début du XX° siècle, le lieu est très peu visité car difficilement accessible : aller aux Quinconces était une petite expédition.

Nombreux furent les propriétaires, depuis la famille Baleste (1625) – les plus anciens connus - jusqu’aux Belcier, derniers nobles possesseurs de la « seigneurie ». Devenues biens nationaux, puis vendues à des roturiers, les terres qui constituaient le domaine d’Arès périclitent puis passent aux mains de M. de Sauvage qui, le premier, les exploite de façon rationnelle, l’activité étant essentiellement agricole et forestière. En 1835, le domaine est vendu à M. David Allègre, esprit moderne et entreprenant – il est à l’origine des premiers chalutiers à vapeur – qui fait creuser des réservoirs à poissons. La propriété est ensuite acquise par le banquier Léopold Javal. À sa mort, en 1894, la veuve partage ses biens entre ses cinq enfants. La cadette, Sophie, alors mineure, hérite du domaine d’Arès, qui s’étend jusqu’au Mauret. Après le décès accidentel de son époux, Paul Wallerstein, elle gère seule le domaine. Le couple n’ayant pas eu d’enfants, elle lègue ses biens à Jeanne Félicie Javal, sa nièce, qui épouse Paul Louis Weiss. Du temps des Wallerstein, le domaine se réduit encore sensiblement : ventes le long du littoral, donations à la commune d’Andernos…
Dès 1949, la commune d’Andernos envisage d’exproprier une partie des Quinconces pour y réaliser une série de projets. Mais à cette époque, les terrains sont sous séquestre du service des Domaines. La vente judiciaire, en mars 1951, permet à la SCI d’Arès d’acquérir les terrains situés de part et d’autre du Cirès, constitués de forêts, de prairies en pacage et des bassins réservoirs. L’exploitation du domaine pour le gemmage et pour la pêcherie des bassins réservoirs disparaît.
De son côté, la commune d’Andernos poursuit son projet de créer, aux Quinconces, un port abri (pêche et plaisance), un terrain d’aviation, une piscine d’eau de mer, un camping et des lotissements en utilisant le ruisseau de Comte (ou le Riouet, ou encore l’Ariouet) pour y déverser les eaux usées ! La mairie demande l’expropriation de 46 hectares. En octobre 1953, le tribunal de Bordeaux prononce l’expropriation de 14 hectares au profit de la commune. Seul le port ostréicole sera construit (1961).
En 1960, une société immobilière conçoit un vaste programme immobilier. Après un dernier passage dans le privé, l’ensemble – ou ce qui en reste – revient dans le domaine public. L’essor économique et touristique des « trente glorieuses » aiguise l’appétit des promoteurs. Dans les années 1980, la commune d’Andernos commande une étude pour l’aménagement aux Quinconces d’une marina avec un port de 900 places, 266 appartements, un complexe commercial et 140 lots à bâtir !

L’association de sauvegarde est créée, et sa première action conduit à l’abandon de ce projet démesuré.

En 1991, nouveau projet de la commune d’Andernos pour l’aménagement du site, nouvel échec : lors d’une enquête publique sur le Schéma d’aménagement du littoral, les Andernosiens s’expriment à 95% contre tout projet de construction sur le site naturel des Quinconces.

En 1996, l’association dépose un recours contre l’implantation de bassins de décantation des vases sur le site naturel des Quinconces. Le tribunal administratif ordonne la suspension immédiate des travaux, puis déclare illégale la construction, jugement confirmé en appel (avril 2005).

En 2004, la commune d’Andernos décide la vente à une entreprise privée d’une partie de la forêt du Coulin pour l’implantation d’une résidence médicalisée pour personnes âgées. L’association s’oppose à la destruction d’un hectare de forêt pour une construction qui peut être réalisée sur une autre partie du domaine communal. Que de menaces ont plané – et pèsent encore – sur les Quinconces, pourtant classés parmi les 12 espaces naturels les plus remarquables de la Gironde !

31 août 2009 : le conseil municipal décide de céder 19 hectares au Conservatoire du littoral. Le même conseil municipal décide de vendre 3 hectares de la forêt du Coulin à nouvel investisseur privé pour la réalisation d’un programme immobilier comprenant un EHPAD, mais aussi d’autres constructions à la destination très floue. Là encore, l’association déposera tous les recours et actions juridiques nécessaires pour contrer ce projet d’urbaniser et donc de détruire la forêt du Coulin, d’autant plus inacceptable qu’elle abrite une faune et une flore particulièrement riche.

Depuis sa création, l’association n’a cessé de défendre ce patrimoine naturel et ne s’arrêtera de le défendre que le jour où l’intégralité du site sera devenu intouchable.

Une zone humide - haut de page
Le site naturel des Quinconces Saint-Brice, à l’origine une lande marécageuse, se caractérise par une présence considérable de l’eau. Et ici, l’eau se montre sous une surprenante multiplicité de formes : stagnante, courante ou résurgente, douce, salée ou saumâtre… À chacune de ces formes correspondent une faune et une flore spécifiques. Essai d’inventaire.

- Des étangs d’eau douce

Une partie des anciens réservoirs à poissons d’Arès, initialement alimentés en eau du Bassin, ont été mis en eau douce en les faisant communiquer avec le Cirès pour les besoins d’une scierie implantée à proximité (flottage des bois).

Aujourd’hui, principalement alimentés par la nappe phréatique qui affleure localement, les étangs ont rapidement évolué vers leur état d’équilibre après que la scierie ait cessé son activité (1959). Ils sont sujet à des intrusions saumâtres par l’intermédiaire du Cirès, rivière sous l’influence de la marée, et l’on peut penser que ces intrusions ralentissent le processus naturel de comblement.

Bordés de roseaux, ces étangs se caractérisent par la présence de plantes rares : droseracées, urticulaires (carnivores). Ils accueillent la tortue cistude d’Europe (espèce menacée), des libellules et de nombreux oiseaux : martin pêcheur, grèbe, rousserole, aigrette garzette, héron cendré, héron pourpré…

Le petit lac d’eau douce, situé entre le complexe ostréicole d’Andernos et les anciens réservoirs à poissons, est bien connu des visiteurs, qui se réjouissent du spectacle des canards, des foulques et des poules d’eau qui y ont élu domicile. (On y voit aussi quelques ragondins, mammifères charmants mais qui – tout comme les rats – peuvent mordre et transmettre des maladies, ce pourquoi il ne faut pas apporter de nourriture afin d’éviter qu’ils ne prolifèrent !)

Cet étang s’est formé dans une excavation réalisée pour fournir le sable nécessaire au remblai lors de la construction des quais du port ostréicole, vers 1960.

Malgré la proximité immédiate du Bassin d’Arcachon, l’excavation s’est rapidement remplie d’eau douce par une remontée des eaux de la nappe phréatique toute proche.

- Une rivière Le Cirès, appelé aussi la Berle d’Arpech, ou la Meule à cause des moulins qui s’y trouvaient, prend sa source près de Blagon. Après avoir traversé des zones forestières et des champs de maïs, il forme la limite administrative entre les communes d’Arès et d’Andernos et se jette dans le Bassin dans la conche de Saint-Brice.

Le Cirès est bordé d’une remarquable forêt galerie composée pour l’essentiel d’aulnes en amont de la route départementale, de petits chênes en aval.

En amont, un élevage de porcs et la culture du maïs déversent nitrates et phosphates dans ce ravissant cours d’eau habité par la tortue cistude, espèce en inquiétante régression en France.

- Un ruisseau Jadis, un ruisseau traversait la forêt et rejoignait le Bassin non loin de la Pointe des Quinconces. On l’appelait l’Ariouet, le Lariouet, le Riouet, on parle également du ruisseau de Comte.

L’urbanisation des hameaux qu’il traverse : Comte, les Heyres, qui formaient autrefois une zone rurale, a perturbé son cours. Il reste encore un peu d’eau qui passe sous la route départementale, à l’entrée d’Andernos en venant d’Arès, (la photo a été prise à la fin de l’hiver : le niveau est encore relativement haut) mais ce peu d’eau se perd dans les ronciers du sous-bois, faute d’entretien. Il fait une timide réapparition jusqu’à proximité du canal de rejet (non fonctionnel) des eaux résiduelles des bassins de décantation, mais là, il a malheureusement été obturé !

Ce pauvre ruisseau mourant n’atteint donc plus son embouchure.

- Des prés salés De part et d’autre de l’embouchure du Cirès, mais aussi dans l’anse entre le port ostréicole et la Pointe des Quinconces, se trouvent des zones de prés salés sillonnés d’esteys. Inondés aux plus fortes marées, ils possèdent une diversité biologique primordiale et forment un riche écosystème mêlant végétaux, invertébrés benthiques (mollusques, crustacés…), poissons et oiseaux. Ce milieu calme, riche en nourriture et en abris, retient d’importantes populations d’alevins (mules, bars, daurades…).

On y observe d’innombrables petits limicoles (bécasseaux, pluviers), mais aussi des cygnes par centaines, ces deniers ayant la fâcheuse tendance à déloger les autres espèces.

Parmi les principales espèces végétales qu’on y rencontre, il faut citer le jonc de mer, la salicorne, les soudes, la spartine maritime.

- Des réservoirs à poissons Creusés au XIX° siècle, les réservoirs d’Andernos s’étendaient jusqu’à l’église Saint-Éloi. Les darses et quais du port ostréicole ont été aménagés à partir de 1960 sur une partie de ces réservoirs.

Ils étaient reliés au Bassin par trois d’écluses (il en reste une) à travers lesquelles on faisait "boire", laissant pénétrer les alevins, qui se développaient grâce à la riche nourriture qu’ils y trouvaient.

Un fossé a été creusé entre les réservoirs et les bassins de décantation sur une centaine de mètres. Le niveau de ces derniers étant notablement inférieur à celui des réservoirs, ils se vident à travers la mince couche de sable restante ; l’utilisation régulière de l’écluse lors des marées favorables ne permet plus d’enrayer ce phénomène : le niveau de l’eau s’abaisse très vite après chaque remplissage. L’évaporation et les algues font le reste.

- Une baignade Côté Arès, une retenue artificielle offre l’agrément d’un plan d’eau de mer propice aux plaisirs de la plage indépendamment des horaires de la marée puisque le niveau reste constant.

Il est alimenté en eau du Bassin, renouvelée à chaque marée par une station de pompage à deux vannes : l’une la remplit par des cascades, l’autre refoule l’eau "usée" dans l’étang saumâtre qui se trouve juste derrière, séparé de la baignade par une digue relativement étroite.

Régulièrement, avant le début de la saison estivale, le plan d’eau est vidé et curé ; une bâche d’étanchéité est posée au fond pour éviter l’envasement. Le sable de la plage est également renouvelé chaque année.

On reconnaît, sur la photo, la Pointe et la plage des Quinconces, la conche de Saint-Brice, l’étang d’eau saumâtre, la digue et, devant, le plan d’eau aménagé.

- Une plage La plage des Quinconces est fort agréable et depuis longtemps appréciée des familles grâce au célèbre bouquet de pins qui la borde et offre ses ombrages (un programme de reboisement est en cours). C’est une plage particulièrement calme, et en outre sans danger : l’eau n’y est jamais très profonde. À marée basse, c’est un lieu idéal pour suivre les esteys, pêcher des crabes ou des palourdes.

La longue plage évolue doucement en prés salés, d’un côté vers le port ostréicole d’Andernos, de l’autre vers la Conche de Saint-Brice. Par endroits, des gravillons mêlés au sable (graoueyre) rappellent que, dans des temps reculés, la Leyre passait par ici avant de se jeter dans l’océan à la hauteur du Grand Crohot.

Ici, point de nettoyage intempestif par des engins qui ratissent tout : le varech qui s’y dépose freine l’érosion des sables et favorise la venue d’une végétation spontanée sur la partie haute du rivage : le plantain des sables, la saladelle, le troscart, le cakilier…

- Un estey En règle générale, un chenal ou un estey prend naissance, soit au fond d’une conche, soit à l’embouchure d’un cours d’eau, c’est-à-dire toujours là où un apport d’eau, à marée basse, provoque un effet de "chasse".

Devant la plage des Quinconces – ô surprise ! On remarque la présence d’un petit estey qui naît, juste en avant de la pointe sableuse, dans une sorte de marigot vaseux qui demeure à marée basse : l’apport d’eau est constitué ici par une résurgence de la nappe phréatique.

On y voit des irisations rougeâtres, surtout en été, qu’il ne faut surtout pas confondre avec des dépôts d’hydrocarbures : il s’agit seulement de traces de sels ferriques qui sont véhiculés par l’eau douce, laquelle provient de la couche d’alios sous-jacente.

et des bassins de décantation En 1998, sur plus de 4 hectares, ont été aménagé des bassins pour la décantation de vases. Le principe de la décantation consiste à déverser de l’eau chargée de vases. Les matières en suspension se déposent, d’abord les plus lourdes (sable) jusqu’aux plus fines. En fin de parcours demeurent les vases qui, une fois égouttées, sont évacuées vers un lieu de stockage et peuvent être réemployées, en rIci, cela ne fonctionne pas. L’eau de la nappe phréatique remonte, les vases ne sèchent pas. Les vases andernosiennes contiennent une très forte proportion de particules fines, qui restent en suspension dans l’eau rejetée. Et au lieu d’être refoulée par un canal vers le port ostréicole, cette eau non décantée emprunte les fossés d’évacuation des eaux pluviales pour retourner dans le Bassin à proximité de l’installation de pompage du complexe ostréicole.

Échec technique, juridique et financier, la construction défigure une partie essentielle du patrimoine naturel du Bassin d’Arcachon.

Actes du colloque Zones humides Andernos (2 février 2008)

Les réservoirs à poissons - haut de page

Creusés vers 1845 à l’initiative de David Allègre, alors propriétaire des terres du château d’Arès, ils faisaient partie d’un ensemble de bassins de pisciculture très important autour du bassin d’Arcachon. Ils étaient ceinturés de digues d’argile, larges de 6 m à la base. La pente côté bassin était recouverte de pieux et de fascines de brande pour prévenir l’érosion par le flot des marées. Les réservoirs étaient séparés les uns des autres par des bandes de terre appelées "bosses", qui servaient de pacage et fournissaient foin et litières.
Trois écluses faisaient communiquer les réservoirs avec le Bassin (il n’en reste qu’une aujourd’hui). Elles permettaient de renouveler l’eau et de faire pénétrer les alevins. À marée basse, l’éclusier ouvrait le réservoir pour le vider (faire "déboire"). Un cadre grillagé dans les parois intérieures de l’écluse empêchait le poisson de s’échapper.
À marée montante, on faisait "boire". L’eau pénétrait dans les réservoirs, et le cadre grillagé étant relevé, les alevins remontaient avec le courant. Les poissons prélevés dans les réservoirs étaient pêchés à la foëne, au filet ou à la nasse. On y pêchait essentiellement mules, daurades, anguilles et bars (ou "loubines").

Le port ostréicole d’Andernos, achevé en 1961, a été construit sur une partie des anciens réservoirs.

La forêt - haut de page

D’après les cartes anciennes, cette partie du littoral était constituée d’une lande rase et marécageuse. Une forêt de chênes tauzins qui bordait ce rivage vers l’est, s’est étendue sur des terres qui servaient de pacage aux vaches et aux moutons. Les pins sont les derniers venus dans ce paysage.

Aujourd’hui, la forêt des Quinconces Saint-Brice présente globalement cinq zones :

- Une chênaie La chênaie pure couvre toute la partie Est du site, du nord au sud. Par endroit elle est presque exclusivement de chênes tauzins, derniers vestiges de la forêt d’origine. Le chêne tauzin est en voie de disparition en France, et les botanistes recommandent vivement de protéger les rares boisements naturels survivants. On rencontre ça et là les pylônes et les nichoirs à mésanges aménagés par les chasseurs. Vers le sud, on peut admirer de magnifiques spécimens de chênes pédonculés. Ces "géants" confèrent au lieu une majesté indiscutable.

- Un boisement mixte Le centre du site, à l’arrière des anciens réservoirs à poissons, est constitué d’un très beau boisement mixte de pins et de chênes. Fait rare, on y observe des sous-bois très différents juxtaposés : certains sont couverts de fougère aigle très élevée et touffue, d’autres sont tapissés de mélampyre rase. Ces oppositions indiquent des sols de nature différente auxquels correspond un habitat forestier. Le plus souvent, ce phénomène se produit à des distances de plusieurs kilomètres ; ici la démarcation est nette, les changements ne sont éloignés que de quelques mètres.

- Une pinède Les pins maritimes occupent la partie Nord du site. Utilisés depuis le XIX° siècle pour l’assèchement des marécages, puis pour le bois et la résine, le tronc des sujets les plus anciens porte encore la cicatrice de leur gemmage.

- Une aulnaie La partie Ouest abrite à la fois des chênes et des aulnes le long du Cirès. En amont, les aulnes se densifient jusqu’à former une superbe forêt tunnel au-dessus du cours d’eau.

- La Pointe des Quinconces Ce secteur emblématique est séparé par les anciens réservoirs à poissons, la partie dite "forêt du Coulin" étant située au nord-ouest de ces réservoirs. Sous les derniers grands pins historiques et ceux, plus jeunes, plantés en 1984, se trouve une des plus jolies plages de la région. Soumis à une forte érosion des sables par les vents d’ouest qui atteignent de front l’embryon dunaire, il a paru urgent de prendre des mesures de revégétalisation.

Voir "Le reboisement des Quinconces"

L’ensemble de la forêt des Quinconces Saint-Brice est sillonné de beaux chemins très praticables qui rendent les promenades – à pied ou à vélo : engins motorisés s’abstenir ! – si agréables.

La flore - haut de page

Sur certaines franges marécageuses ou en bordure de mer, on remarque des concentrations de Baccharis halimifolia (ou séneçon en arbre). Cet arbuste vigoureux à feuilles semi persistantes est une espèce jadis importée d’Amérique dans le but de créer des haies résistantes aux embruns. Cette plante s’est répandue dans la nature au point qu’elle aurait même tendance à se comporter en espèce colonisatrice envahissante, détruisant les espèces autochtones. Plus connue sous le nom de « cotonnier », sa présence importante dans certains marais du delta de la Leyre a été immortalisée par Michèle Perrein dans son roman "Les Cotonniers de Bassalane".
Mais quelle est la caractéristique de cet arbuste, au demeurant toxique, qui lui a valu ce nom poétique ? Lors de la floraison printanière, il émet des milliers de graines sous la forme d’une bourre duveteuse blanche qui s’envole et recouvre littéralement tous les environs. Ces inflorescences ressemblent au contenu des fleurs de coton. A suivre...


La faune - haut de page

Le site naturel des Quinconces Saint-Brice est d’une richesse faunistique exceptionnelle. Il est facile d’observer les cygnes sédentaires, couramment présents en grand nombre à l’embouchure du Cirès. Sur le lac d’eau douce et les réservoirs à poissons, canards et foulques sont quasiment apprivoisés. Les aigrettes sont nombreuses et, en fin de journée, on peut aisément observer les cormorans faisant sécher leurs grandes ailes déployées dans des poses hiératiques, au sommet des grands pins morts qui leur servent de dortoir. Les hérons sont présents mais demandent un peu de chance et plus de discrétion dans l’approche.
Parmi les oiseaux, beaucoup d’espèces limicoles font la joie des naturalistes. De nombreux migrateurs viennent nidifier dans le site. L’un d’eux, de la taille du rouge-gorge, est très rare. Ce migrateur arrive d’Afrique au printemps et vient nicher dans quelques places privilégiées du Bassin d’Arcachon. Il repart vers le mois de septembre en emmenant ses petits.
Avec un peu de chance, et surtout beaucoup de patience et de douceur dans vos déplacements, vous pourrez l’observer derrière les réservoirs à poissons des Quinconces ou près du lac d’eau douce d’Arès. Son plastron bleu cerclé de noir est bordé de roux ; au centre de ce plastron brille une petite tache blanche qui enfle parfois au gré des vocalises de cet étonnant chanteur dont les trilles incomparables sont très variées.

Ce bel et rare inconnu porte le joli nom de gorge-bleue (ou gorgebleu, Luscinia svecica namnetum).
A suivre...

La chasse aux Quinconces - haut de page

La chasse aux Quinconces est réservée aux membres de l’ACCA (association communale de chasse agréée) d’Andernos. Une trentaine d’entre eux chassent sur le domaine appartenant au Conservatoire du littoral ou dans la forêt communale d’Andernos. Ils y pratiquent soit la chasse à pied, soit depuis les 12 "pylônes" répartis sur le site. Conscients du danger qu’ils peuvent représenter pour les promeneurs, ils s’interdisent (dans les limites de la période réglementaire du 1er octobre au 15 novembre) de chasser les samedi, dimanche et mercredi après-midi – ce qui ne leur pose aucun problème vu que leur chasse se déroule au lever du jour. Leur gibier est la grive et la palombe (chiffres 2006 : 909 grives, 9 palombes) à l’exclusion de toute autre espèce et en particulier du gibier d’eau.
Les chasseurs ne limitent pas leur activité sur le site à "tuer", ils sont les incontournables acteurs de la biodiversité par la mise en place et l’observation régulière d’une quarantaine de nichoirs (mésanges bleues ou charbonnières, sitelles) ou par leurs comptages (décembre 2006 : 50 colverts, 60 foulques, 12 poules d’eau, 2 couples de cygnes, 40 aigrettes, 2 hérons cendrés, 36 cormorans, 10 corneilles, 8 ragondins, 2 couples de renards, 60 lapins, quelques belettes, genettes et fouines…). Ils fournissent tous le ans un rapport au Conservatoire du littoral, à la mairie d’Andernos et à la Fédération des chasseurs de la Gironde.

L’association pour la sauvegarde du site organise avec l’ACCA des visites découverte du site, des expositions et, tous les printemps depuis une quinzaine d’années, une opération "forêt propre" (voir Les activités).

Le reboisement de la Pointe des Quinconces - haut de page

Bien consciente que le tourisme est une réalité qu’il ne s’agit pas d’ignorer et que protéger la nature ne signifie pas l’abandonner, l’association a initié une opération de reboisement (la dernière remontant à 1984 !) visant à contrer l’érosion des sables à la Pointe des Quinconces et à favoriser la reprise spontanée de la végétation. Des barrières girondines (ganivelles) ont été disposées en îlots, protégeant certaines parties du littoral du piétinement et de l’action des vents dominants.

En mars et en décembre 2006 avec les élèves de l'École maternelle du Coulin, puis en mars 2007 avec l'association Bétey Environnement et les enfants de son Club Nature, une centaine de jeunes plants d’essences autochtones (pins, chênes, arbousiers, genets…) ont été mis en place dans ces îlots, et l'on y constate déjà une certaine régénération naturelle : des pignes de pin sont tombées dans le sable et leurs graines ont germé, donnant naissance à quantité de tous petits pins.

Les bassins de décantation - haut de page

L’envasement des ports du Bassin d’Arcachon pose un problème qui ne peut laisser indifférent. La commune d’Andernos a cru résoudre la question en se dotant de bassins de décantation… que notre association refuse inlassablement. Pourquoi ?

Les bassins de décantation d’Andernos ont été construits, en 1998, sur le site protégé des Quinconces, malgré une vive opposition de notre association, des ostréiculteurs, des chasseurs et d’une grande partie de la population. Avis défavorables inscrits sur le registre d’enquête publique, dépôt à la préfecture d’une pétition d’un millier de signatures, manifestations : rien n’y a fait. Que l’on aborde la question sous l’angle juridique, technique, financier ou environnemental, Andernos est devenu l’image même de ce qu’il ne faut pas faire.

- Les installations sont illégales : Deux jugements consécutifs du Tribunal administratif de Bordeaux (1998 et mars 2001) puis, la commune ayant fait appel, celui de la Cour administrative d’appel (mars 2005) ont donné raison à l’association en déclarant illégale la construction de ces bassins de décantation. En 2006, l’association a porté plainte auprès du Procureur de la République pour non respect de la chose jugée et dégradation d’un site protégé. Affaire à suivre…

- Les installations sont inutiles : Le principe de la décantation consiste à faire cheminer lentement de l’eau chargée de vases dans un circuit de bassins, les particules les plus grosses se déposant en début de parcours, les plus fines – plus longues à décanter – se retrouvant en fin de circuit. Des fossés et une canalisation recueillent l’eau résiduelle pour la rejeter à la mer. Le système ne fonctionne pas à Andernos, où les vases sont essentiellement constituées de particules fines… qui retournent à l’eau en fin de circuit.

Par ailleurs, les ports d’Andernos étant des ports d’échouage (ils se vident à marée basse, les bateaux sont à sec), l’extraction des vases peut se faire par curage mécanique direct avec évacuation des volumes extraits par camion.

- Les installations portent atteinte à l’environnement : Les bassins ont été implantés sur une zone d’affleurement de la nappe phréatique. Les fossés d’écoulement sont profonds et traversent cet affleurement : on constate d’importants dépôts de vases fines dans et autour de ces fossés. De plus, la sortie du fossé de rejet est située à proximité du point de pompage pour les installations ostréicoles, ce qui paraît inconcevable au plan sanitaire.


         
           

 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le Cirès


L'Ariouet


Les prés salés


La baignade


La plage


L'estey


... et les bassins de décantation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Pour en savoir plus…
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L’association tient une documentation à la disposition de ses adhérents qui souhaitent approfondir leur connaissance des sujets relatifs à l’environnement du bassin d’Arcachon en général et du site naturel des Quinconces Saint-Brice en particulier.

Certains sont accessibles sur l’Internet : cliquer sur le lien.

  • Plan de gestion du Domaine de Saint-Brice, établi pour le compte du Conservatoire du Littoral. Bureau d’études Biotope, 2000-2001.

  • Les bassins de décantation d’Andernos-les-Bains. Aperçu des dysfonctionnements techniques. Francis Dalet, Association pour la sauvegarde des Quinconces Saint-Brice, novembre 2002.

  • Les Quinconces Saint-Brice. Caractéristiques d’un site exceptionnel. Association pour la sauvegarde des Quinconces Saint-Brice, Francis Dalet, septembre 2003.

  • Étude pour le maintien de l’équilibre bio-sédimentaire des plages du Nord-Est du bassin d’Arcachon. BRGM, juillet 2004.

  • Schéma de mise en valeur du bassin d’Arcachon (SMVM). Préfecture de la Gironde, août 2004. http://www.gironde.pref.gouv.fr/

  • Charte du Pays du Bassin d’Arcachon et du Val de l’Eyre 2010. Conseil de développement, octobre 2004.
    http://aquitaine-pqa.fr/

  • La Loi Littoral. Éditions Territorial, collection Dossiers d’expert, décembre 2005.

  • Schéma directeur de traitement des vases portuaires (SDTVP, rapport final). Conseil général de la Gironde, juin 2006. http://www.cg33.fr/partenaires/dragage/partenaire_document_liste.asp

  • Étude des enjeux écologiques et paysagers du littoral du bassin d’Arcachon. Bureau d’études BKM. Préfecture de la Gironde, août 2006. http://www.gironde.pref.gouv.fr/ (NB : la version en ligne est tronquée !)

  • Convention de gestion du site de Saint-Brice – n° 95 propriété du Conservatoire du littoral et du Conseil général de la Gironde sur les Communes d’Andernos-les-Bains et d’Arès.

  • Télécharger le manifeste CEBA sur LA QUESTION DE L'EAU

    Télécharger le manifeste CEBA sur LES ENJEUX ECOLOGIQUES

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SAUVEGARDE DU SITE NATUREL DES QUINCONCES SAINT-BRICE
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