Depuis
toujours, les sous-sols du bassin d'Arcachon sont traversés
par une eau souterraine de très bonne qualité,
les premières bonnes nappes étant à
moins de 10 mètres. Pour la capter et la distribuer
de la meilleur façon qui soit, on fait appel
à des gens d'expérience, les
puisatiers.
Le
puisatier : Le
puisatier traditionnel est avant tout un homme de passions
et de volonté - l'effort physique demandé
est tel, dans certains cas, que les qualités
morales d'endurance, de persévérance et
de patience sont souvent mises à rude épreuve
- Il doit faire preuve d'abnégation, ne jamais
être satisfait d'un résultat médiocre
et même si la technique est éprouvée,
savoir que l'apprentissage est long. La stricte
précision du captage demande un travail manuel
qu'aucune machine ne serait remplacer, il est
ici question d'écoute, de connaissance et d'une
grande qualité d'analyse. Le puisatier se doit
de posséder ces valeurs là.
La méthode
: Chaque terrain autour
du bassin d'Arcachon dispose à faible profondeur
de nombreux passages d'eau, un seul d'entre eux est
bactériologiquement potable (à moins de
10m) et c'est celui-ci que le puisatier doit trouver,
il doit descendre et s'arrêter au centimètre
près. Pour cela nul besoin de baguette ni de
"sourciers", l'eau est présente, nous
avons cette chance, sur la plupart des terrains du bassin.
Le puisatier procède à une étude
minutieuse et précise des terres et sables traversés
lors du creusement. Un sable dunaire constellé
de cailloux de différentes teintes et grosseurs
indique le bon emplacement. Une fois ce bon sable détecté
le puisatier sait où passe la bonne eau, l'eau
"vive". La crépine d'aspiration
du puits doit alors être placée au centre
même de cette veine d'eau et, surtout, ne pas
en dépasser. Chaque centimètre
est important. Cette crépine est fabriquée
artisanalement et sur mesure avec une lame
en tungstène qui forme une taille légérement
en V (et non pas droite comme certaines crépines)
chaque détail est important, cela garantit la
durée de vie du puits.
Les formations :
l'Association des Amis (AAP) s'engage dans la formation
de jeunes puisatiers afin de péreniser ce métier
et d'apporter des garanties : une eau de qualité
sans perturbation des nappes souterraines, un taux de
fer minimum (lutte contre les tâches
sur les bâtiments) et un taux en hydrogène
sulfuré infime (lutte contre les mauvaises odeurs).
Leurs ouvrages doivent également offrir une garantie
de durée dans le temps (débit régulier,
pas de colmatage des crépines...) et être
liés à une utilisation économique.
La
déontologie : Le puisatier est
garant d'une déontologie de protection
et de sauvegarde des eaux souterraines, il
en surveille les nuisances, les perturbations, la qualité,
le contrôle des débits (le débit
d'un puits foré traditionnel ne doit pas dépasser
les 2/3 du du débit du passage de l'eau souterraine
pour ne pas perturber les nappes environnantes par effet
d'aspiration et de gravitation).
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