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Du béton ras la gueule.

mercredi 28 février 2007

Nous habitons les bords d'une petite mer intérieure, un éco-système exceptionnel, un milieu unique sur toute cette façade atlantique : garde-manger sur la route migratoire de milliers d'oiseaux, lieu de reproduction obligatoire pour quantité de poissons et crustacés, bassin ostréicole de première importance...

C'est une évidence qu'il nous faut protéger ces zones de vie et d'avenir. Pourtant, en l'espace d'une dizaine d'années, on a fait de cet espace sensible la deuxième agglomération urbaine derrière Bordeaux. Quelle connerie ! Et aujourd'hui c'est une autoroute qu'on nous construit à Gujan. Ailleurs, dans toutes les villes du Bassin, c'est la course à l'échalotte : on agrandit les zones artisanales, les lotissements... Ce n'est plus qu'un défilé incessant de camion-toupies, du béton ras la gueule. 

J.Hazera

Voici ce qu'en pensent ,ou plustôt ce qu'en disent, certains de nos élus :

Point de vue par François DELUGA, maire du TEICH, commune du Bassin d'Arcachon

L’urbanisation a consommé les espaces naturels et le littoral a un rythme bien trop rapide, supérieur à toutes les autres agglomérations du littoral atlantique. Au bénéfice de qui ? Pas des habitants ! L’inflation du foncier a rendu les logements individuels inabordables pour les jeunes et les salariés. Les ostréiculteurs sont les témoins de l’évolution du Bassin, ils en sont aussi les principaux protecteurs. Quand l’étalement urbain progresse avec son impact sur le cadre de vie et la qualité du milieu, l’ostréiculture recule : le projet de marina de l’ancien maire de La Teste de Buch aurait fait disparaître les Prés Salés et le chenal de la Canelette ; les lotissements autour du Château Madère à Gujan-Mestras ont supprimé le peu d’espace naturel au bord du littoral,... les exemples ne manquent pas. Une vision « méditerranéenne » du Bassin progresse : entre Saint-Tropez, people compris, et Neuilly... Cette vision n’est pas nouvelle. Ce n’est pas la mienne. Dés les années 70, certains proposaient à la Mission Interministérielle pour l’aménagement de la Côte Aquitaine (MIACA) de multiplier les ports de plaisance et beaucoup pariaient sur la disparition de l’ostréiculture pour faire place nette aux promoteurs. Plus récemment, le Schéma de Mise en Valeur de la Mer a été modifié par l’Etat pour autoriser l’urbanisation du pied de la Dune du Pilat au cœur de la forêt usagère. Le Préfet s’était engagé à supprimer cette clause. Rien n’a été fait. Deux ans plus tard le site reste menacé. A chaque crise ostréicole la même pièce se rejoue sur ce théâtre d’ombres où les souris meurent. Ceux qui bétonnent en coulisses crient leur solidarité aux ostréiculteurs. Mais cette fois tous les élus devront choisir : la résignation ou le volontarisme, l’ombre ou l’action. Le Bassin d’Arcachon est notre patrimoine commun, à nous, les Aquitains. Il nous faut donc trouver une forme urbaine qui réponde aux enjeux du logement pour tous. Un modèle qui ne consomme pas les espaces naturels maritimes ou forestiers mais qui transforme les centres déjà bâtis. Les maires doivent limiter les zones constructibles et mettre un coup d’arrêt à l’étalement urbain dans le futur Schéma de Cohérence Territorial. Les Députés UMP doivent cesser de casser la loi littoral comme ils le font depuis 5 ans. La Région doit continuer à faire avancer à marche forcée, avec les ostréiculteurs, un programme de recherche. Ce que je demande à nos chercheurs, en tant que vice-président de la Région, c’est qu’ils répondent à cette question simple : de quoi meurent les souris ? Parce qu’elle est la dernière digue et qu’elle menace de céder, l’ostréiculture doit bénéficier immédiatement d’un soutien massif de l’Etat et des collectivités, un véritable plan Marshall. C’est un combat que nous n’avons pas le droit de perdre, même si les souris ne meurent plus. »

Source : http://francois-deluga.com/

 

Point de vue par René SERRANO (sur la même question liée à celle des huîtres), Conseiller Général de la Gironde (canton de La Teste de Buch) , Président de la Commission Départementale de l'Environnement, des Espaces naturels et du Littoral.

« Ce Bassin d'Arcachon est un territoire hors du commun, et je l'ai expliqué à l'envoyé du ministre. Cette crise doit nous faire réfléchir. Au-delà des "souris", l'ostréiculture et le Bassin lui même ne peuvent être mis en péril. On a dépassé les seuils, emballement immobilier, etc. A mon sens, le Bassin d'Arcachon peut bénéficier d'un statut spécifique, être "classé" comme "euro-site" par exemple. Il n'est pas trop tard pour que des fonds européens viennent conforter les mesures de protection...Nous ne pouvons plus, et les ostréiculteurs en premier, nous installer dans une situation d'incertitude durable. »

par Chantal Roman, journal Sud-Ouest du 22.09.2006

Source : http://www.couleursbassin.com/  

 

Point de vue par Michel SAMMARCELLI, maire de Lège Cap-Ferret, Président du SIBA

" Nous vivons dans un pays presque unique, qui a ses spécificités, son caractère. La nature nous transmet ses richesses, l'ostréiculture en est une, comme la pêche et le tourisme. C'est aussi notre culture, nos racines. Que serait le Bassin d'Arcachon sans nos villages en bois, les pignots, les parcs à huîtres, les bateaux plats. Nous avons, en échange, l'obligation de défendre tout cela...

... Quand on voit l'évolution, la poussée démographique, la pression foncière, l'attrait touristique, je m'interroge, jusqu'où devons-nous aller ? Où sont les limites ? ... Le Bassin d'Arcachon est ouvert à tous mais pas n'importe comment.

Source : Bernadette Dubourg, journal Sud-Ouest (05/01/06).

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 UN GRAND MERCI A TOUS. Oui du fond du coeur, MERCI de nous enrichir en dormant nous les propriétaires de maisons, d'appartement, de terrain.En effet à l'heure ou les nantis cherchent tous a vivre au bord de l'eau en créant la rareté, vous participez activement au processus inflationniste dans notre région.Alors encore un GRAND MERCI et surtout continuez à remplir notre bas de laine.
 
Mr Pirelon

 Bonjour, Je me suis promené ce week end à Gujan Mestras autour des prés salés et quelle horreur autour du chateau madere, en dépit de toute réglementation, s'érige des villas de luxe avec possibilité de spectacles sur les oiseaux migrateurs des prés salés, n'y a t'il aucun recours sur ce bétonnage de nos côtes ?!
 
dominique

 Le citadin va vers la nature pour chercher un confort. Le danger, c'est que l'on s'adapte à ses désirs pour modifier le milieu. Je ne blâme pas les élus de campagne, mais ils ne sont pas attentifs à cette spirale. Il y a une forme d'inconscience à ne pas préserver un patrimoine fantastique.
 
André Etchelecou, professeur en aménagement du territoire.

 La solution existe ! Je l'ai rencontré de l'autre côté de l'Océan Atlantique, à Cape Cod aux USA (c'est à 2h de route de Boston). Là bas, existe un autre paradis semblable au notre en tous points : mêmes paysages, même faune et flore, même bateaux, mêmes ostréiculteurs... Sauf que : Là bas, ils ont compris depuis très longtemps que l'urbanisation serait un danger pour leur environnement. Alors les autorités ont pris des mesures radicales : pas d'immeubles, constructions en bois obligatoires, une multitude de zones protégées où l'on ne peut pas se garer, sensibilisation permanente à la protection de l'environnement par des panneaux rappelant les règles, patrouilles de gardes forestiers près à verbaliser les pollueurs, etc... Mais surtout, ils ont fait le choix de la propriété privée, certes contestable dans son esprit, mais pourtant efficace. Les propriétaires de maisons en première ligne, sont également propriétaire de la plage. On ne peu donc pas s'y étendre, ni se garer à proximité. (on peu toutefois se promener sur l'estran). En contre partie de ce luxe, ils ont l'obligation de préserver le site et croyez moi c'est impeccable ! Cela ne veut pas dire qu'il n'y a que des riches à Cape Cod. L'immobilier est à peu près identique au Bassin d'Arcachon à l'exception que pour le prix d'un appartement F3 à Arcachon, on peu avoir une très jolie maison en bois à Cape Cod (pas en première ligne bien sûr...) Je n'ai pas vu d'industrie là bas, mis à part celles liées à la pêche, à l'ostréiculture et aux charpentiers de marine. Ils assument le fait de vivre du tourisme et favorisent la qualité de services. Il a bien des zones industrielles et commerciales mais elles sont plus destinées à l'implantation de grands commerces, hotels, concessionnaires auto, etc... En conclusion, je dirais que la seule et unique solution de préserver le Bassin d'Arcachon est de stopper immédiatement l'urbanisation. Cela aura une conséquence négative: la progression du coût de l'immobilier. Mais je ne vois que cette solution. Nous en sommes là.
 
Stéphane Scotto - photographe

 Ras le bol du béton, il faut stopper tout ça, sinon le Bassin n'existera plus... il faut arrêter le massacre !! ça devient urgent maintenant...
 
une testerine

 Le Bassin attire par sa qualité, il ne faudrait surtout pas qu'une surpopulation entraîne une baisse de cette qualité. Il faut mettre en place un schéma d'urbanisme raisonnable afin de ne pas se retrouver avec 30 000 habitants de plus d'ici 10 ans. Il faut stopper l'urbanisation sur le littoral, respecter les coupures vertes afin que le Bassin d'Arcachon ne devienne pas la banlieue de l'agglomération bordelaise, il faut que l'Etat donne un objectif quantitatif pour ne pas dépasser un certain nombre d'habitants. Source Sud Ouest
 
Thierry ROGELET, sous-préfet d'Arcachon le 6/02/2008

 Les lotisseurs, aménageurs, promoteurs, les agents immobiliers, les notaires, les marchands de bien, les banquiers, les collectivités publiques (qui engrangent les recettes fiscales), les détenteurs du patrimoine immobilier public (comme la SNCF) ont entretenu cette vague de spéculation à court terme, soutenue par les politiques de défiscalisation. Cette vision à conduit à une construction massive de logements vendus à prix élevés, mais à coûts de production limités, sans ambition économique, ni écologique. Claude Dupuy, professeur d'économie université Bordeaux-Montesquieu.
 
Claude Dupuy Bordeaux

 Bonjour, j'ai abandonné le bassin à contrecœur il y a 3 ans, malheureusement, dès que je retourne voir ma famille là bas, je suis horrifiée de voir tous ces changements. je me rappelle que je me mettais au bout de la pointe du port de Meyran en me disant que c'était le paradis sur terre mais qu'un jour, des abrutis viendraient pour tous saccager. malheureusement ce jour est arrivé plus vite que je le pensais. En même pas 6 ans, tout a changé. Le sauvage, qui fait tout le charme du bassin a laissé place à du béton. Le site de Madère est devenu un endroit immonde avec des maisons immenses sur peu de terrain tout ça pour satisfaire le Bordelais ou autre. Où sont les réglementations du littoral? je me rappelle de cet endroit, avec ces tours pour la chasse à la tourterelle. j'ai bien peur que les écolos se soient fait avoir en signant la pétition interdisant la chasse là bas. En tout cas, certains ont bien calculés leur coup !!!!! Tout bénéf pour ces promoteurs !!! en plus ils prévoient même les soirées VIP. Nos forêts sont détruites pour construire un peu plus de confort à nos chers coloniaux. jusqu'où va t'on aller? ce désastre va t il s'arrêter un jour??? Le problème concernant les huitres me fait bien rire. J'en ai mangé des huitres le jour même de l'interdiction. Je suis encore là!!! est ce là encore une manipulation afin de mettre au point leur marina ???? car un jour, ils le feront. Bref, désolée de m'éparpiller sur de nombreux sujets qui me dégoutent concernant le bassin, mais cela me met hors de moi et je pourrais en écrire des pages et des pages. le bassin n'est plus ce qu'il était, un endroit calme, sauvage. je ne pense pas qu'il soit possible de revenir en arrière, il ne nous reste que les souvenirs. Mais tentons de le défendre malgré tout !!!
 
Laure lyon

 La population française augmente d'une manière exponentielle (idem sur toute la planète). Il faut bien qu'elle puisse se loger ! Mais où ? Bien sûr personne n'a de réponse. Ou plutôt une seule et unique : "Ailleurs, mais pas chez nous" ... Les gens "d'ailleurs" seront-ils d'accord ?!... L'autre problème en France est que les gens sont trop riches et peuvent s'offrir des résidences secondaires sur le bord du Bassin. Une seule solution : Que les Français soient tous pauvres ... On a essayé ça en URSS, en Chine, etc. Le résultat est imparfait ...
 
Xavier Arcachon

 N'oublions pas l'essentiel. Le Bassin d'Arcachon est un lieu unique de reproduction pour toute la faune atlantique sur des centaines de kilomètres de littoral. C'est vital pour eux. Nous habitons autour d'une nurserie, ce n'est pas rien. Alors peut-être que les humains ont quelques intérêts à protéger ces zones sensibles, d'autant qu'il y a des solutions, les maires des communes landaises alentour, par exemple, sont demandeurs pour accueillir les nouveaux arrivants, ils vivraient ainsi en forêt avec le Bassin à côté pour leurs WD, leurs vacances, sans le mettre en danger. A l'inverse, la politique de désenclavement "forcé" du Bassin d'Arcachon de ces dernières années, ces appels incessants aux banques, aux entreprises exétrieures, aux promoteurs pour nous "sortir" de notre isolement ont provoqués une urbanisation intensive de ce pays, Bordeaux sur le Bassin d'Arcachon, ils le voulaient, ils l'ont maintenant. Certains, de plus en plus nombreux (je n'en fais pas encore partie), prédisent une destruction certaine de cet éco-système marin.
 
Patrick Ransinan Lanton

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